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Syndication, information nomade et médias intimes

jeudi 15 décembre 2005, par aris papathéodorou

En quelques années les modalités et les possibilités de circulation de l’information, et plus globalement des savoirs et des créations, via l’Internet, se sont assez largement diversifiées et étendues, bien au-delà du modèle même du web et de la publication en ligne, au-delà en particulier des modèles contraignants du portail ou de la publication en ligne. L’innovation la plus visible dans le domaine, parce que la plus médiatique aussi, est très certainement le phénomène des blogs, ces carnets de notes sur le web, tout à la fois intimes et publics, tout à la fois capables de combiner les propos personnels et le commentaire sur le monde tel qu’il va ou ne va pas, d’exprimer les passions, les désirs et les colères au quotidien, et de relayer le débat politique ou culturel, tout en construisant de véritables réseaux d’intérêts et de connivence, tout en devenant un puissant vecteur de diffusion et de circulation.

Si le paradigme du blog est un véritable miroir de subjectivités, il est aussi un véritable moteur de l’innovation techno-scientifique, poussant à une véritable invention et/ou un renouvellement des dispositifs de communication, ouvrant ainsi de nouveaux horizons de cette communication rizhomatique que les réseaux cultivent depuis l’origine. Pour s’en convaincre il suffit de penser, par exemple, à la possibilité de publication sur le web via email ou via un téléphone mobile (mobloging), à l’extension du domaine de la publication instantanée aux « sons » écoutés simultanément sur un ordinateur ou un baladeur (podcasting) et à l’envoi direct de photos sur le web (prisent avec un mobile, bien sûr), ou encore à la capacité des blogs à échanger automatiquement des liens et des références entre eux (trackback).

De fait les blogs ont incontestablement poussé les dispositifs de publication sur le web dans leur ensemble au renouvellement et à l’innovation.

L’une des plus puissantes et des plus prometteuses de ces innovations à l’oeuvre, que l’on voit particulièrement émerger sur les blogs justement - mais qui en réalité va bien au-delà -, est sans doute l’extension du domaine et des possibilités de la syndication de contenu. Derrière cet anglicisme de “syndication”, quelque peu barbare, il y a en réalité la possibilité d’une information désormais capable de circuler d’elle-même de façon autonome et capillaire sur les réseaux, suivant des mécanismes de flux qui dépassent la simple publication sur un site web ou la simple mise en ligne, pour se diffuser de façon plus ou moins aléatoire mais massive.

Si la syndication RSS [1] reste d’abord connue, dans la période récente, comme ce mécanisme qui permet de rendre disponibles, au moyen d’un fichier texte généré et mis à jour de façon dynamique, des données de et sur son propre site web pour qu’elles soient ensuite annoncées automatiquement sur d’autres sites. C’est désormais aussi la possibilité de récupérées ces contenus avec une application desktop (comme le logiciel libre de courrier électronique Evolution) ou un agrégateur de nouvelles (comme en propose le navigateur Firefox), pour être consultées localement sur un ordinateur personnel, ou encore d’être consultés hors connexion sur un ordinateur de poche type Palm ou PocketPC, voire un téléphone mobile. Sans oublier les services d’agrégation sur le web (comme Feedster ou News is Free) qui permettent à tout un chacun de composer son propre kiosque et de personnaliser son rapport au flux global d’informations et de données.

Ce faisant la syndication émancipe, dans une large mesure, les contenus de l’espace du site (celui où elle est publiée à l’origine) en les diffusant d’un site à un autre ; mais aussi du web dans son ensemble, en investissant d’autres canaux comme les mailing lists ou les logiciels « locaux » de nos ordinateurs ; voire de l’Internet [2] en permettant des usages hors connexion (lecture, archivage, conversion vers d’autres supports).

C’est donc bien un nouveau modèle de média qui est en train de se constituer avec ce mécanisme capillaire de production et de circulation de l’information et des savoirs. Un modèle où la globalité des réseaux se combine avec la reconquête d’une certaine intimité, d’une proximité qui fait tant défaut au modèle des médias tout court. Un modèle post-média où l’information se fait nomade, auto-organisée en flux autonome, circulante entre les supports et les espaces de publication et de réception.

Les parcours d’une innovation

Peut-être faut-il s’arrêter un instant sur la généalogie d’un mode de diffusion émergent, né un peu par hasard, comme pur produit du mirage de la “nouvelle économie” et qui - finalement à l’image de l’histoire de l’Internet lui-même - se fera innovation en acte une fois devenu une pratique massive et diffuse sur les sites personnels.

Le premier mécanisme de syndication pour le web a été développé à l’origine (en 1997) par l’éditeur de logiciels Userland, sous le nom de Scripting News, un peu comme gadget [*] pour son fameux outil commercial de blogging Radio Userland : il s’agissait tout simplement de permettre à un blog d’annoncer les titres des contributions publiées par d’autres blogs utilisant le même script. Reprenant en 1999 un principe similaire pour son portail My Netscape Network (MNN), la société Netscape - alors en pleine gloire - fait de la syndication (baptisée au passage RSS) un standard visant à structurer des canaux d’information sur le web.

Le portail MNN entendait ainsi s’offrir comme un point d’entrée sur l’Internet pour la masse des nouveaux internautes qui commence alors à affluer, et ainsi présenter une sélection d’informations et de ressources que l’on pouvait choisir à volonté et organiser en fonction de canaux thématiques. Le modèle du portail était né, et avec lui au passage une norme pour permettre aux éditeurs de fournir un instantané de leurs contenus. On comprend tout l’intérêt commercial de cette démarche.

Suite à ses multiples déboires sur le marché du web, Netscape abandonnera par la suite le développement de ce format (RSS est alors en version 0.9.1) que maintiendra plus ou moins Userland en produisant quelques versions mineures visant juste à compenser les insuffisances majeures du standard. Cependant, le format RSS, qui commence tout juste alors à rencontrer un certains succès, continuera d’évoluer, pour donner naissance, d’une façon ou d’une autre aux formats actuels de syndication (RDF 1.0, RSS 0.93 puis 2.0, et Atom, pour ne citer que les plus courants à l’heure actuelle). Malgré une certaine cacophonie de standards, des débats sans fin sur la définition d’une norme universelle, la syndication devient peu à peu dans la pratique une façon effective de permettre la circulation de contenus entre sites web, même si encore limitée aux “effets d’annonce”.

Les portails qui se multiplient, puis les systèmes de gestion de contenu sur le web (Content Management System, ou CMS) s’épanouissent les années suivantes, usent et abusent de la syndication RSS, permettant ainsi aux sites de “générer du trafic” par la mise en page d’accueil d’un contenu syndiqué abondant, mais aussi finalement de s’associer par des liens réciproques réguliers - et régulièrement renouvelés - vers les titres des dernières contributions misent en lignes. De l’artifice d’un contenu quelque peu simulé, nous passons finalement à une première forme d’agrégation non seulement de contenu, mais aussi de subjectivités.

Avec les blogs, le mécanisme s’est encore perfectionné et enrichi. Au-delà de l’affichage simple des « nouveautés » d’autres blogs, existe désormais une pratique riche de véritable veille thématique en direction d’un ensemble d’autres sites « amis », c’est-à-dire aux préoccupations proches ; les agrégations affinitaires de liens (blogroll) ; les mécanismes comme la possibilité de signaler à un blog précis que l’une de ses “entrées” est mentionnée par tel article, tel commentaire ou telle brève que l’on vient juste de mettre en ligne (pingback). Ces dispositifs, s’ils vont parfois au-delà du mécanisme même de la syndication à proprement parler, en reprennent les principes et étendent la portée d’une circulation capillaire, décentralisée et automatisée des contenus et des échanges.

Aujourd’hui, d’un côté, tous les systèmes de publication et de gestion de contenu dynamiques sur le web, qu’il s’agisse de CMS comme Spip ou d’outils de blog comme WordPress ou DotClear, permettent assez simplement, à la fois de générer ce type de fichiers pour les mettre à disposition des internautes ; et de récupérer des flux RSS d’autres sites, pour en afficher les parutions récentes, y compris avec des possibilité de sélection de telle rubrique ou de tel sujet. La pratique de la syndication s’est ainsi banalisée au point d’être pour les sites web désormais presque aussi rituelle que la traditionnelle page de liens.

De l’autre côté RSS a vu apparaître de nouvelle normes - concurrentes bien sûr ! - qui toutes cependant, d’une façon ou d’une autre, contribuent à étendre substantiellement les possibilités de syndication, par exemple en permettant la diffusion du contenu lui-même (c’est-à-dire le texte intégral), ou encore d’y ajouter toute une série d’autres éléments - et non plus uniquement le “titre” et le “résumé”. Qui plus est, toute ces normes sont désormais des standards ouverts, et non plus des formats propriétaires comme ce fut le cas pour les versions originelles de UserLand et de Netscape [3] ce qui facilite grandement leur diffusion et leur intégration à d’autres logiciels ou services.

L’invention d’une information nomade

Si nous parlons bien d’un dispositif automatisé de circulation et de réception, la richesse et le caractère innovant de la syndication RSS tient plus qu’à toute autre chose aux pratiques et aux usages qui y sont attachées ; à sa capacité effective à produire de l’échange et de la communication. C’est d’ailleurs ces pratiques et ces usages qui ont forcé, dans une large mesure, le passage pour une modernisation des normes de syndication et leur considérable enrichissement.

De fait, la syndication est rapidement devenu bien plus qu’un simple mécanisme quasi-publicitaire d’annonce pour devenir un outil de sélection de contenu - de media filtering comme disent les médiactivistes anglo-saxons. Lorsque l’on parle aujourd’hui de syndication RSS, il s’agit désormais avant toute chose d’un ensemble de standards ouverts de structuration de documents - sorte de dialectes dérivés de la norme XML - qui transforme l’acte de publication numérique, à la fois par l’extension des canaux de diffusion et de réception, mais aussi en modifiant la nature elle-même des matériaux publiés.

S’il faut donc définir la syndication RSS c’est finalement désormais avant tout une façon de construire des documents en vu de leur circulation rizhomatique, ce qui permet en particulier :

- de rendre disponible du contenu structuré au format texte, sans véritable limite (de longueur ou de nature) de façon à ce qu’il puisse ensuite être diffusé, récupéré et interprété à partir de divers mécanismes automatisés de traitement des données. Ce contenu peut être, on s’en doute, du texte, mais aussi des liens vers des images, des sons ou des vidéos ;
- d’attacher à ce contenu lui-même des métadonnées contextuelles (dates de publication, origine géographique, conditions d’utilisation, etc.) qui en facilite et complète l’utilisation et le traitement.

Des données au format RSS peuvent ainsi être publiées sur le web, comme nous l’avons évoqué, mais tout autant être insérées dans une base de données, transformées en email (et postées immédiatement sur une mailing list) ou en fichiers PDF, stockées dans un répertoire, etc. Elles peuvent au passage être triées et classées, tant à partir de leur contenu direct, qu’à partir des métadonnées qui y sont attachées. Une structure de mots-clés thématiques et géographiques permettra ainsi de produire un filtrage par sujet et/ou par localisation.

D’autre part, si les différents format RSS sont bien des normes - avec ce que cela suppose de contraintes -, ceux-ci sont conçu de façon à séparer les éléments de structure et de mise en forme du contenu à proprement parler, suivant un modèle finalement assez souple et modulaire. En tout cas à même d’être complétés et enrichis par d’autres apports, d’autres normes imbriquées, qu’il s’agisse d’extensions standards comme le module Dublin Core, ou par des extensions créées de toutes pièces pour des besoins propres : c’est ainsi ce qui a été fait pour le projet de diffusion vidéo via l’Internet v2v, de façon à pouvoir publier des métadonnées supplémentaires propre au support vidéo (durée, format, codec audio et vidéo utilisés, etc), mais aussi attacher au document une licence d’utilisation Creative Commons.

Il devient pour le coup relativement aisé d’adapter les mécanismes de syndication à des types de contenus et d’usages diversifiés - au-delà des seuls articles d’un site web - et d’y attacher des métadonnées qui le sont tout autant. Qu’il s’agisse d’article de revues, d’informations brèves, de fils de discussion sur un forum ou une liste électronique ou de fichiers mis à disposition sur des réseaux p2p, il n’y a pas de limites au contenu qui peut être proposé à la syndication.

Avec un dispositif de syndication RSS, il devient ainsi possible aujourd’hui de suivre l’activité de publication d’un Wiki, d’une mailing list, ou d’un forum Usenet (newsgroup). Il est tout autant possible - comme nous le faisons dans le cadre du réseau v2v et du projet Videobase - de diffuser des annonces de mise en circulation de vidéos, avec liens pour le téléchargement, conditions d’utilisation, résumé du contenu, nom du ou des auteurs, etc. [4]. Ce qui circule sur les réseaux n’est plus alors uniquement de l’“information”, au sens médiatique du terme, mais de l’activité et de la subjectivité, des savoirs et de la communauté.

De cette façon, la syndication devient un moyen concret et puissant pour produire de la communication directement à partir de l’activité même de communautés, de mouvements ou de groupes, qu’il s’agisse de développeurs et utilisateurs de logiciels libres qui veulent suivre les dernières contributions ou discussions en cours ou d’activistes qui construisent leur propre réseau de diffusion de données.

L’information et le savoir qui se déploient dans ces pratiques trouvent là le moyen de circuler immédiatement, pour être republié ailleurs sur le web, pour s’afficher directement sur l’ordinateur des utilisateurs avec un logiciel d’agrégation de nouvelles. Le contenu syndiqué peut apparaître sur un autre site web, être envoyé sur une mailing list, ou repris pour être imprimé. Le support de destination est divers et multiple, et quelque part finalement indifférent : ce qui importe désormais c’est que ce contenu, structuré par la norme XML, enrichi de ses métadonnées, puisse circuler et se reproduire en version intégrale, accompagné de toutes les méta-informations nécessaires pour définir les conditions et possibilités de son utilisation.

Post-média intime contre modèle médiatique

Si chacun et chacune peut, grâce à la syndication RSS, recevoir dans son navigateur web les informations d’un certain nombre de sources sélectionnées, sans devoir passer d’un site à un autre ; si chacun et chacune peut publier sur un blog ou un site web, et dans le même temps nourrir une liste de diffusion et un fil RSS ; si chacun et chacune peut envoyer un email qui devient aussi un article sur un blog et dans le même temps être “syndiqué” sur quelques centaines d’autres sites web ; si chacun et chacune peut publier un texte et en même temps le retrouver (annoncé ou republié) sur divers autres sites, mais aussi archivé comme fichier PDF, diffusé sur une liste de diffusion... c’est que le modèle même du média, comme monopole de la publication, est en train de s’épuiser.

D’une certaine façon le mécanisme de la syndication apparaît bien comme un facteur de crise d’un modèle médiatique déjà mis à mal par la facilité avec laquelle peuvent circuler et s’échanger les données via les multiples canaux de l’Internet. En effet, en démultipliant les circuits de diffusion/publication en ligne, en réduisant toujours plus la séparation entre production, circulation et réception des informations, la syndication fait d’une certaine façon exploser le modèle de publication linéaire et centralisé - en d’autre termes médiatique - dont le web est, soit dit en passant, resté jusqu’ici largement tributaire en navigant entre l’analogie avec la presse écrite (ou le livre) et celle avec la télévision.

Il devient alors possible de penser véritablement un processus de publication largement indépendant des contraintes du formatage pour un média déterminé. Un processus où la publication et la circulation sont un seul et même moment d’un flux de données émancipées du modèle du média unique, puisque désormais l’information et les savoirs circulent suivant des flux aléatoires et potentiellement massifs, passant d’un support à un autre, et surtout pouvant être sélectionnés, organisés et (ré)utilisés par ceux et celles qui jusqu’ici étaient réduit à la catégorie de “lecteurs” ou de “spectateurs”.

Le modèle de média des multitudes que dessine un tel procès de publication/circulation fait aussi, d’une certaine façon, voler en éclat le modèle des médias alternatifs ou indépendants tel qu’il s’est développé et que nous l’avons pratiqué grosso modo entre Seattle et Gênes. Il nous impose aussi des remises en cause et des ajournements, en particulier de sortir d’une certaine logique de concurrence envers les médias mainstream - qui est de fait aussi une forme de fascination et de dépendance, une façon de rester sur le même terrain. De ce point de vue le slogan « Don’t Hate the Media Become The Media » [5], symbole de ce puissant désir de communication autonome au sein des mouvements sociaux et des communautés activistes, reste d’actualité... mais non dénué d’ambiguïté aussi. Peut-être faut-il aussi poser la question : quel média ?

Les potentialités de la syndication - tout autant que celles des réseaux d’échanges p2p -, la richesse actuelle des blogs, des expériences de réseaux auto-constitués comme v2v (ou Videobase), la puissance des échanges via p2p, sont sans doute autant d’incitations à penser enfin la communication alternative non plus dans une logique qui opposent une “autre vérité” à celle des médias, mais comme production et diffusion de sensible et d’identités, comme flux de subjectivités et de données, bref comme dissémination de médias intimes [6], c’est-à-dire comme information et production de sens au-delà des médias.


Cet article a été publié dans le numéro 21, juin 2005 de la revue Multitudes. http://multitudes.samizdat.net/arti...

Sa mise en ligne date du mardi 6 septembre 2005 http://infos.samizdat.net/article34....

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[1J’emploie dans ce texte indistinctement les termes de syndication ou de « syndication RSS » (Rich Site Summary ou Really Simple Syndication) pour désigner la circulation de contenu via l’Internet. En fait le terme de syndication désigne à l’origine dans le monde anglo-saxon le principe d’échange (achat-vente) de contenus “clefs en mains” entre des médias, qu’il s’agisse de chaînes TV, de radios ou de journaux.

[2Rappelons que le web (World Wide Web ou WWWW) n’est qu’un des réseaux qui compose l’Internet, construit autour du principe de la navigation hypertextuelle entre les documents. L’Internet qui est un réseau de réseaux, comprend, outre le web, les réseaux de courrier électronique, de transfert de fichiers (FTP ou Gopher), les systèmes d’échange p2p, ou encore les forums (Usenet).

[*NDLR : L’appréciation que porte l’auteur sur les motivations de Dave Winer, l’auteur de Scripting News et initiateur de Userland, entre en contradiction avec nos souvenirs de lecteur de sa mailing list, DaveNet. Winer a toujours fait preuve d’un grand sens de l’anticipation et d’une volonté de rendre la publication sur le web aussi facile que la manipulation d’outils bureautiques. Les logiciels de Userland proviennent des efforts de Winer d’ajouter aux systèmes d’exploitation d’alors des commandes de script rassemblées dans un menu pour publier directement sur le web à partir de n’importe quelle application. Les protocoles de communication XML-RPC, SOAP, OPML, RSS ont tous été encouragés, voire initiés, par l’équipe de Winer pour que les problèmes d’interopérabilité entre systèmes d’exploitation ne restreignent pas les initiatives de publication individuelles sur le web.

[3La société UserLand a mis, en 2003, la norme RSS 2.0 dont elle était détentrice du copyright sous licence Creative Commons, et confié la propriété intellectuelle de celle-ci à une fondation universitaire.

[4Le projet v2v s’est construit sur une intéressante et audacieuse combinaison d’utilisation des réseaux p2p (en particulier BitTorrent et eDonkey) et des mécanismes de la syndication : circulation rizhomatique de l’information au format RSS et des vidéos elles-mêmes en p2p se combinant pour construire un réseau distribué de diffusion de fichiers numériques “lourds”, ce qui serait terriblement coûteux en passant par des systèmes centralisés commerciaux. Voir : http://v2v.cc/ et http://videobaseproject.net/.

[5« Ne haissez pas les médias, devenez les médias », phrase du chanteur Jello Biaffra exhumée en 2000 au moment de la ZeligConf de Paris et depuis devenue une sorte de devise collective des médiactivistes, répétée, modifiée et altérée à satiété au point finalement de perdre beaucoup de sa pertinence.

[6Une invitation à relire Hakim Bey « Le credo médiatique fin de siècle » : http://biblioWeb.samizdat.net/artic....