La Fin du travail est un ouvrage de Jeremy Rifkins, répandant des thèses plus ou moins révolutionnaires, mais qui laissent difficilement indifférent puisque le travail est une base de nos vies et de notre société.
En plus des 2 liens précedents, voici deux autres liens sur des articles typiques au sujet :
Travailloteurs, travailloteuses, chômez ! d’un haut-fonctionnaire désirant rester anonyme.
La fin du travail, un mythe démobilisateur paru dans le monde diplomatique en septembre 1998.
Le second article n’est pas trop idiot et dénonce justement une certaine utopie, dommage qu’il soit un peu trop violent contre la thèse de Jeremy Rifkins et surtout qu’il s’y oppose (c’est du gâchis d’énergie). Je préfère toutefois le second article qui suggère une vérité à laquelle je crois fermement :
Il ne faut pas confondre "travail", "emploi", "gagner de l’argent", et "créer de la richesse".
Le problème est que nous n’entendons pas les mêmes choses derrière les mêmes mots. Le "travail" dont Rifkins annonce la fin, est en fait le modèle que nous avions pour gérer la productivité de notre société.
Car à l’heure actuelle, les différents progrès de notre société se mettant en place, L’automatisation grandissante des tâches réalisées autrefois par les humains permet justement de libérer l’homme de sa partie machine. Dans les modèles anciens (et encore actuels) de productivité l’homme était vue généralement comme une machine devant réaliser des tâches. La partie machine (partie suivant des modèles plus ou moins complexe et pouvant donc être automatisé) remplissait plus de 99% du temps de "travail productif" pour certains ouvriers (le 1% restant correspondant à toutes les petites innovations, bricolages que les ouvriers pouvaient inventer quand ils sont face à des petits problèmes nouveaux). Mais chez les cadres ce pourcentage de tâches automatisables est souvent aussi important : pas tous sont confrontés à de nouveaux problèmes tous les jours (vraiment nouveaux, dont il n’existe pas encore de solutions connues).
Beaucoup de chefs d’entreprise disent encore "personne n’est irremplaçable" , mais cela pensent justement aux salariés en tant que machines. Aucune machine n’est irremplaçable, mais un homme n’est en général pas qu’une machine !
Certes les cadres ont cet avantage sur les ouvriers que les tâches qui leurs sont demandées sont souvent plus complexes et plus difficiles à automatiser que celles des ouvriers, mais pour combien de temps encore ?
C’est là qu’est vraiment le coeur du débat : nous n’avons plus à travailler uniquement pour "gagner de l’argent" car ce n’est plus vraiment du travail utile, les machines le font très bien à notre place. Nous devons travailler par passion, pour donner aux autres ce qui semble spécifique à nous-même, pour le sentiment d’accomplissement de soi en étant utile aux autres (tout comme les autres nous sont "utiles").
Tout le problème vient alors de donner utile, de créer de la richesse, c’est à dire que le produit de notre travail soit utilisé aux mieux par d’autres, et tant qu’à faire : tout le monde.
Post-Scriptum : Si vous ne comprenez pas grand choses à tout ça, c’est peut-être parce que vous êtes avant tout dans une logique de consommateur ("j’achète donc je suis" - "j’aime les jolies fringues dans les magasins" - "j’aime bien les pubs à la télé"). Vos motivations sont avant tout de trouver du plaisir (c’est légitime), mais vous vous satisfassiez des plaisirs qui vont sont apporté par les modèles existants (et vous voyez d’un mauvais oeil ceux qui annoncent leurs fins).
Ah si seulement vous aviez le courage de prendre du recul et de pouvoir douter de tout....